Culture

Laurent Courbin : un nouveau souffle pour le magazine Technikart

Technikart est-il en passe de renaître de ses cendres ? C’est la question que l’on peut se poser, quelques mois après la reprise du magazine par Laurent Courbin, homme d’affaires et PDG d’Ateo Finance. Certes, l’horizon du magazine n’est pas encore complètement dégagé, et à n’en pas douter certains des problèmes structurels qui ont longtemps freiné le développement du magazine n’ont pas vocation à s’éclipser rapidement.

Toutefois, force est de constater que Laurent Courbin, en apportant des gages de confiance et de tranquillité financière à ce magazine, a permis de remettre sur les rails une publication majeure du champ médiatique français.

De la nécessité de préserver et de pérenniser la pluralité du champ médiatique français

La disparition d’une publication est toujours un drame, car avec elle se délitent quelque peu la pluralité et la diversité des opinions et des idées. Le bouillonnement culturel, qui a toujours animé les médias en France, est un élément fondamental de la société et de la culture française. Néanmoins, la crise qui a touché durement le monde des médias a menacé la pérennité de ce modèle, et de nombreux titres ont vacillé, voire tiré leur révérence.

Technikart a longtemps failli connaître cette triste fin. Sa disparition aurait, d’une certaine manière, marquée la fin d’une époque, inaugurée par le courant post soixante-huitard, où la critique des conventions et des normes jugées étouffantes de la société contemporaine était le maître-mot de toute une génération. Jean-François Bizot, le génial et décalé patron d’Actuel, a incarné à lui seul cette mentalité évoluant constamment entre un avant-gardisme frénétique et un esprit totalement provocateur. La contre-culture doit beaucoup à des titres comme Actuel, et Technikart fait partie de ceux qui ont repris le flambeau tombé des mains du défunt Actuel.

Technikart, un magazine particulier à l’identité atypique

A contre-courant de la production intellectuelle contemporaine, marquée par un tropisme risquant, à terme, de paver la voie à une forme d’homogénéisation et d’indifférenciation, Technikart avec son côté décalé n’a jamais laissé son lectorat indifférent. La provocation est créatrice, et cela Technikart l’a toujours revendiqué et montré. La plume et l’encre de leurs journalistes ont toujours eu quelque chose d’atypique par rapport aux autres publications. La plume y est bien souvent acerbe, ironique, décalée et provocante. Derrière cette volonté de faire advenir un regard critique sur une société appréhendée à l’aune de son conformisme, on voit néanmoins poindre la volonté de participer à l’avènement de nouvelles tendances, de nouveaux talents, et in fine, d’une culture alternative.

logo-technikart

Ce magazine, capable de décrypter la société contemporaine, tout en étant à même de déployer une vision prospective sur les nouvelles tendances qui, à terme, vont se développer, constitue donc une pièce essentielle du paysage culturel français. Longtemps grevé par ses problèmes financiers récurrents, le magazine a bien failli ployer sous le poids de ses servitudes financières.

La stabilité financière au service de la liberté (retrouvée) du magazine

Laurent courbinA n’en pas douter, cela aurait été bien regrettable que Technikart disparaisse ; la culture et la contre-culture française auraient grandement souffert de cette perte. D’une certaine manière on peut établir une analogie entre l’action de Laurent Courbin en faveur de Technikart, et le sauvetage des Inrocks par Matthieu Pigasse. Sans l’engagement et le soutien financier de ce type d’investisseurs la pérennité et la survie de magazines comme Les Inrocks ou Technikart ne peuvent être réellement assurées. Une assise financière consolidée permet d’affranchir les journalistes des craintes quant à leur avenir, et ainsi de libérer leur réflexion des considérations financières et économiques. Cela donne un nouveau souffle à des rédactions qui ont trop longtemps été marquées par le doute.

Quant aux craintes d’une potentielle inflexion en termes d’état d’esprit ou de ligne éditoriale, force est de constater que le soutien d’un Matthieu Pigasse, ou plus récemment d’un Laurent Courbin, n’est en aucune manière accompagné de velléités éditoriales, voire idéologiques. Ne reniant ni ses origines ni son pedigree, Technikart a su conserver, même après son changement de propriétaire, la ligne directrice qui a toujours constitué son identité.

Technikart demeure, plus que jamais, un magazine trendsetter qui fait et défait les tendances d’un coup de plume. Les idoles et les veaux d’or de la société contemporaine ne résistent pas à la plume de ses journalistes, et de cette ferveur critique naissent de nouvelles tendances culturelles. C’est en cela qu’un magazine comme Technikart est essentiel à la vitalité de la vie culturelle française.

Référence culturelle, la revue impertinente, décalée mais intelligente, connaît donc un nouveau souffle suite à l’action de Laurent Courbin. Si autrefois le magazine connaissait des périodes de crise en termes financiers, aujourd’hui, cette époque semble révolue.

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